Les vétérans et la montée des associations autochtones

L’expérience de la guerre a permis aux membres des Premières Nations de vivre plus librement et les soldats avaient même pu exercer leur droit de vote (1917). À leur retour au pays, ils sont confrontés à une situation bien différente : les Indiens inscrits sont contraints de retourner dans leur réserve. Le ministère des Affaires indiennes se charge de l’application de la Loi d’établissement des soldats qui relève du Commission d’établissement des soldats pour les  vétérans allochtones.

La Loi d’établissement des soldats permettait aux vétérans l’achat ou la location de  terre pour s’établir; de bétail ou d’équipement à faibles taux d’emprunt; une avance de prêt ou une hypothèque et une formation agricole.  Tous ces avantages furent presque impossibles à obtenir pour les vétérans Indiens inscrits.  Dans les Prairies et les Territoires du Nord-Ouest,  aucun ancien combattant n’obtient une terre à l’extérieur des réserves puisque la Loi sur les Indiens l’interdisait. Ils n’ont pas droit aux 160 acres de terre que pouvaient réclamer les vétérans allochtones. S’ils pouvaient obtenir des billets de location afin de s’installer sur les terres collectives de la communauté, les conseils de bande se sont souvent opposés à cette mesure de peur que leurs terres soient morcelées.

De plus, à partir de 1917, le gouvernement met la main sur des terres de réserves afin de réinstaller les anciens combattants allochtones. Au moment de la guerre, le gouvernement avait déjà modifié la Loi sur Indiens afin de pouvoir louer les terres de réserve aux producteurs agricoles. Il réussit à mettre la main sur 85 000 acres de terres de réserve. De plus, le ministère des Affaires indiennes qui contrôle l’octroi des prêts accordés aux anciens combattants, permet à peu d’entre eux d’en bénéficier. En 1921, seulement 150 prêts avaient été accordés.

Devant ces injustices, les vétérans des Premières Nations vont se regrouper pour défendre les droits de leurs collectivités. Frederick Ogilvie Loft, un Mohawk d’Akwesasne, lieutenant pendant la Première Guerre mondiale, met sur pied la League of Indians of Canada en 1918. Loft envisageait d’en faire un organisme national voué à la défense des droits et des terres des Premières Nations.  Duncan Cambell Scott, alors surintendant des Affaires indiennes, entreprend de faire surveiller les activités de la Ligue. Il ne réussit toutefois pas à poursuivre Loft devant les tribunaux (Interdits – Lois sur les Indiens). Si la Ligue ne réussit pas à remplir son mandat, elle permet l’éclosion d’autres associations.

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Bibliothèque et Archives Canada, Frederick Lott